
La commune de Maransart est limitrophe de celles de Lasne, Couture-Saint-Germain, Ways, Glabais, Vieux-Genappe, Plancenoit et Ohain.
Maransart est à 2 1/2 k. de Couture-Saint-Germain, 3 k, de Plancenoit, 3 1/2 k. de Glabais, 4 k. de Lasne, 5 k. d'Ohain, 7 k. de Ways et de Vieux-Genappe, 6 k. de Genappe, 13 k. de Nivelles, 25 k. de Bruxelles.
L'église de Maransart se trouve située par 50 grades 29 de latitude N. et 2 grades 30 de longitude E. L'altitude au sol est de 83 mètres, à 900 m. O.-N.-O. de l’église, aux abords du moulin de la Virère.
Le cadastre divise le territoire de Maransart en 3 sections : la section A ou du Bois del Virère, la section B ou du Village, la section C ou du Bois de l'Empire.
Au 1er janvier 1839, ces sections se trouvaient morcelées en 552 parcelles, appartenant à 167 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 22,295-04 fr. (sol : 20,275-01 ; bâtiments : 2,020-00) et ayant une contenance de 516 hectares 37 ares 61 centiares (imposable: 507 hect. 71 a. 31 ca. ; non imposable : 8 hect. 66 a. 30 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :
En 1787, on signale l'existence de 97 bonniers de bois ; Aywières en possédait 31 et Afflighem 66 : le bois du Croissant (40 b.), d’Hubermont (22 b.), de la Grâce de Dieu (28 b.). Actuellement il n'existe plus qu'un seul bois, ayant une étendue de 18 hectares et portant le nom de Bruyère d'Hubermont.
On comptait, en 1374 (y compris Couture-Saint-Germain), 77 ménages ; en 1436, 33 foyers ; en 1464, 33 foyers ; en 1472, 32 foyers ; en 1492, 11 foyers ; en 1526, 22 maisons ; en 1586, 9 maisons; en 1836, 98 maisons.
Le village de Maransart, qui compte 64 maisons ; Collinet, 10 maisons ; Hanogrune, 15 maisons. Maransart est situé sur une colline assez escarpée en tout sens, sauf du côté du S., où commence un plateau qui s'étend vers Glabais. Colinet a ses premières maisons à 700 mètres E -S .-E, de l'église ; il se prolonge, vers l'ancien Bois de l'Empire, jusqu'au hameau de Sauvagemont sur Couture-Saint-Germain. Les habitations d'Hanogrune, qui forment la continuation du village de Plancenoit, sont situées à 1,600 mètres 0. de l'église de Maransart ; elles occupent la rive gauche du ruisseau de Lasne.
A 500 mètres N.-N.-O. de l'église, la Ferme d'Hubermont ou Hubertmont, que l'on prononce souvent Hubiermont ; à 800 m. N,-0., le Moulin de la Virère ; à 1,400 m. S.-S.-O., la Ferme du Croissant (dont l'ancienne forge était sur Glabais).
Campagne Dewez ; Bois de l'Empire ; Bois impérial du Croissant ; Vallée à la Dame ; Rue des Eperonniers ; Ruelle de la Croix ; Vieux Moulin ; Chemin du Savetier ; Ruelle à l'eau; Bois des Massennerées ; Ruelle Bigaut; Ruelle à l'argile ; Rue à Fossant ; Ruelle Millez ; les Wez ; Bruyère des pauvres ; Sentier d'entre les bois ; Maubrulé ; les Fis ; Bois de la Garde de Dieu ; Ruallette ; Maison Lewaré ; Champ des Gàs ; Pont Sainte-Anne ; Marnière ; Chapelles N.-D. de Bon-Secours ; :Chapelle Saint-Rock ; Chapelle d'Hanogrune ; Chapelle d'Hubermont.
Le terrain est très accidenté aux abords du village, qui est bâti sur la pente d'une colline descendant d'une manière assez rapide vers le N., dans la direction de l'abbaye d'Aywières. Au S. de l'église, le sol s'élève insensiblement en un plateau sablonneux. Le point culminant parait être l’emplacement où l'on construit une école communale, à 150 mètres S. de l'église.
Maransart appartient presqu'entièrement au système bruxellien, qui est recouvert, dans les vallées, par le limon hesbayen du système diluvien. Le système laekenien se montre au N. de la ferme du Croissant.
On extrait de la marne, suivant les besoins de l'agriculture, sur divers points du territoire ; les pierres qu'on y rencontre sont employées au pavage des chemins.
Tout le territoire de Maransart appartient au bassin de l'Escaut ; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont la Lasne, la Claudine et le Milhoux.
La Lasne vient de Plancenoit et se rend à Couture-Saint-Germain ; elle coule du S.-O. au N.-E. sur une longueur de 2,300 mètres, dont 150 m. sont mitoyens avec Plancenoit et 250 m. avec Vieux-Genappe. Elle active le moulin de la Virère,
La Claudine, ou Glaudine, prend sa source au pied du village, reçoit les eaux de la fontaine du Sabotier, coule dans la vallée dont elle porte le nom. en formant la limite de Maransart et de Couture, et, se réunit à la Lasne., r, dr., à l'endroit où elle pénètre sur le territoire de cette dernière commune. La Claudine se dirige du S. au N.; sa longueur est de 600 mètres, dont 450 m mitoyens avec Couture.
Le Milhoux prend sa source à l'extrémité du hameau de Colinet, se grossit des eaux de la fontaine qui lui a donné son nom, reçoit un peu plus bas la fontaine Pâquet, coule à la limite de Couture, puis pénètre entièrement dans cette commune. Son cours a 300 mètres dans la direction du S. au N,, y compris 200 m, mitoyens avec Couture.
La Fontaine du Sabotier, la Fontaine Milhoux et la Fontaine Pâquet ou Pauquet sont toutes trois fréquentées par les habitants,
II y avait jadis, près de la ferme d'Hubermont, une pièce d’eau nommée Etang du Vieux Moulin (Véri du Vie moulin) ; elle est à sec aujourd’hui.
On comptait, en 1784, 260 habitants : 1 prêtre, 109 hommes, 94 femmes, 26 garçons, 30 filles ; en l'an XIII, 330 habitants ; au 31 décembre 1831, 402 habitants ; au 31 décembre 1856, 441 habitants.
Le plus ancien registre des naissances commence en 1650, des mariages en 1712, des décès en 1710,
Les grandes exploitations agricoles sont : la Ferme du Croissant (186 hect.), tenue par M. Brunard (H.), propriétaire ; la Ferme d’Hubermont (128 hect.), tenue par MM. Semal fr. et s., appartenant a M. Jacqueminot de Paris, ainsi que la suivante, la Ferme del Cense ou Cense de Maransart (74 hect.), tenue par M. Plasman (F)
Le nombre des animaux domestiques constaté à Maransart par les recensements généraux s'élevait à :
Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:
Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :
En moyenne l'hectare de terre était estimé :
En 1787, il existait beaucoup de mauvaises bruyères « non sartables, sur un sable blanc et aride ». On en comptait 24 bonniers dans les dépendances de la ferme du Croissant, 12 bonniers dans celles de la cense de Hubermont et autant dans celles de la cense de Maransart. L'ancienne verge linéaire a 16 1,2 pieds de Bruxelles.
Outre l'agriculture, la seule industrie qui occupe les habitants est la tisseranderie du coton etc.
Un moulin a eau, nommé Moulin de la Virére, est établi sur la Lasne ; il a trois paires de meules et fabrique annuellement 130,000 kilog. de farine.
Aucune route ne traverse le territoire de Maransart ; on y compte 22 chemins vicinaux et 10 sentiers, mesurant ensemble une longueur de 26,275 mètres, dont 2,800 mètres étaient pavés au 31 décembre 1838, Un pont est établi sur ces chemins, à la limite de Couture.
Les chemins de grande communication n° 22 traversent la commune sur une longueur de 4,325 mètres.
Le nom de Maransart, que l'on prétend formé des mots Marie et Sart, le Sart de Marie, et que l'on nomme quelquefois en latin Maria in Sarto ou Sartum Marianum, s'est écrit successivement Maransart (1008), Marransart 1106, Malransart (1196), Manransart (1231, 1389), Marantsart (XVe siècle), Mariensart (1647), Marensart (1654).
On prononce en wallon Maransau.
Maransart dépendait anciennement de la mairie de Genappe. On y suivait la coutume de Nivelles.
Lorsque, en 1096, Genappe et Baisy furent donnés au chapitre de Nivelles par Ide, mère de Godefroid de Bouillon on en sépara le village de Maransart, qui était une annexe de la paroisse de Genappe, et on l'assigna au comte de Louvain. Godefroid, afin qu'il fût le fidèle avoué ou défenseur des nouvelles possessions du chapitre.
Les ducs de Brabant paraissent avoir donné Maransart aux châtelains de Bruxelles. Vers l'an 1215, l'un des bienfaiteurs de l'abbaye d'Aywières, Godefroid, frère du châtelain Léon 1er, en devint le seigneur, à charge de le tenir en fief de la châtellenie. Les sires de Mellet le possédèrent ensuite, jusqu'à ce que l'un d'eux, Franc, le vendit â Jeanne de La Haye, abbesse d'Aywières « avec la justice du village», 40 bonniers de bois, 6 bonniers d'eau (ou d’étangs) un moulin à eau, un cens de 300 chapons, 4 muids d'avoine, 20 escalins de vieux gros, 2 bonniers de prés, et la vouerie du village de Lasne (acte passé par devant la cour féodale de la châtellenie de Bruxelles, le 26 janvier 1389-1390. En 1187, la seigneurie d'Aywières à Maransart comprenait la haute, moyenne et basse justice jusqu'à livraison du coupable, la chasse, la pèche (le tout produisant un revenu de 70 florins), 30 bonniers de terres exploités par l'abbaye même (revenu, 272 florins) . 17 bonniers de prés, dans lesquels se trouvait un étang et qui s'étendaient en partie sur Couture (revenu, 175 florins, un étang de 7 journaux. 31 bonniers de bois.
Du temps de Charles-Quint, le maire de Maransart, Henri Stoufle, entra en contestation avec Jean Raes. « qu'on dist machon », sergent du gruyer de Brabant. Le gruyer ayant juridiction sur les bois el autres biens amortis des monastères et le pouvoir de « calenger », c'est-à-dire de mettre à l'amende, ceux dont les bestiaux y auraient causé quelque dommage. Raes avait puni de cette manière des loris causés aux bois d'Aywières. Le maire l'arrêta, lui fit promettre de comparaître par-devant les échevins de Maransart, et lorsque l'affaire fut portée devant ces juges, conclut à ce que le sergent dût faire amende honorable pour avoir usurpé des droits qui ne lui appartenaient pas. Mais le conseil de Brabant, averti de ce conflit, maintint les droits du souverain et fit défense au maire de continuer la procédure, sous peine d'être attrait en justice (2 janvier 1532-1533).
Le duc de Brabant n'avait à Maransart et à Couture que la souveraineté et le droit d'exécuter les criminels, droits que le domaine vendit pour 600 florins, le 16 juin 1646, à don Lopez d’Ulloa, premier baron de Limal (relief du 13 février 1647), et qui resta à celui-ci et à ses successeurs jusqu'à l'invasion française de 1794.
Le greffe de Maransart et de Couture repose au tribunal de Nivelles ; les registres qui en font partie comprennent les années 1594 à 1595.
Maransart fut annexé au canton de Braine l'Alleu en l’an III de la république ; puis, à la création des cantons de justice de paix, compris dans celui de Genappe.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :
Il n'y avait, à Maransart, en quelque sorte, que deux propriétaires: les abbayes d'Aywières et d'Afflighem, (cette dernière possédait presque toute la commune ; la Cense de Maransart, avec 79 bonniers (revenu, 516 florins) ; la Cense d'Hubermont, avec 106 b. (r., 623 fl.) ; la Cense du Croissant, avec 203 b. (r. 1,413 fl.), et 66 b. de bois, en tout 536 b., mais dont une partie se trouvaient dans les communes limitrophes.
L'ancienne quarte-chapelle de Maransart est placée sous l'invocation de la Vierge. EIle a dépendu successivement du concile de Fleurus, dans l'évêché de Liège, dont elle formait la limite du rôle de Braine-l'Alleu ; à partir de 1559, du diocèse de Namur et du doyenné de Genappe ; et, depuis le concordat, de l'archevêché de Malines. Elle ne fut d'abord qu'une annexe de la succursale de Glabais. Elle fut reconnue comme chapelle par l'arrêté du 28 septembre 1825 et érigée en succursale le 25 septembre 1839.
Un différend s'étant élevé entre l'abbaye d'Afflighem et Gerelin, personne, c'est-à-dire curé de Genappe, au sujet de la perception des offrandes et des dîmes dépendantes de l'église de Maransart, fille de celle de Genappe, maître Siger, archidiacre de Cambrai en Brabant, et Gerelin, chanoine de Bruxelles, furent acceptés pour arbitres et adjugèrent à l'abbaye les deux tiers des dîmes et la moitié des offrandes, au curé de Genappe un tiers des dimes et un quart des offrandes, et au prêtre qui desservait l'église de Maransart un quart seulement de ces dernières. A en juger par cette charte de l'an 1196, qui fut ratifiée l'année suivante par Rodolphe, doyen de Fleurus, et son concile, le patronat de Maransart aura été compris dans la donation que Godefroid de Bouillon fit de celui de Genappe (il s'agit ici de Vieux-Genappe à l'abbaye d'Afflighem, en 1094.
En 1787, la dîme de Maransart valait à Afflighem 880 florins. Elle consistait en une moitié de la grande dîme dans la généralité de la paroisse et en la totalité de la grande et de la petite dans les dépendances de la ferme du Croissant. Le curé avait l'autre moitié de la grande dîme, la menue dîme et la dîme de 38 bonniers de prairies et de closières ; il avait de plus un supplément de compétence de 150 florins, des terres exemptes de dîme et une closière dite de Charmont. Son revenu total s'élevait à 1,122 florins, dont 762 florins 10 sous provenant des dîmes.
Il n'y avait aucun bénéfice annexé à l’église, sauf une « matriculaire » (ou office de sacristain) de nulle valeur, comme le dit une liste des bénéfices de l'évêché de Liège, de l'année 1441. La fabrique n'avait que 34 florins 16 sous de revenu.
Le temple paroissial est une vieille construction, entièrement en pierre et datant de l'époque romane, mais qui a subi plusieurs restaurations successives. La partie la plus ancienne est la tour, qui est placée au-devant du chœur, éclairée par des baies en plein-cintre, et surmontée d'une flèche. Dans le mur extérieur, du côté du nord et à la hauteur de trois mètres, on voit une tête d'homme, en relief, grossièrement sculptée. Le chœur et la nef, qui n'a pas de collatéraux et qui est recouverte par un plafond, sont d'une époque un peu moins reculée ; en 1735, lors d'une restauration générale de l'édifice, on en a bouché les fenêtres, qui se distinguent encore à l'extérieur, et on en a ouvert de nouvelles, plus larges, dans le style de la renaissance.
Le maître-autel provient de la chapelle du Chanleleux ; les autels latéraux, qui sont dédiés à la Vierge et à Sainte-Anne, sont ornés des armoiries abbatiales d'Aywières. L'église ne possède que deux cloches, dont une fêlée ; on conserve dans, la sacristie un ancien ciboire, assez bien sculpté. La cure a été bâtie en 1786. On y remarque, au-dessus de la porte principale, une niche vide, gracieusement sculptée, et qui. dit-on, représente la porte de l'église d'Aywières.
Il existe dans la paroisse une chapelle de Notre-Dame de Bon-Secours, que les habitants fondèrent en 1754. On l'appelle aussi la chapelle de Berlo, parce que l’évêque de Namur, Paul-Godefroid, comte de Berlo, l'a dotée de 40 jours d'Indulgence.
Le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1859 a été fixé comme suit :
Les pauvres ne possèdent qu'un hectare 25 ares 10 centiares.
On bâtit en ce moment (septembre 1859), une école communale très élégante, mais un peu petite. Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis, en 1858-1859, â recevoir I instruction, s'est élevé à 56 : 33 garçons et 23 filles.
La fête communale se célèbre le deuxième dimanche de septembre.
Les hameaux de Sauvagemont (sous Couture) et de Pavot (sous Lasne) ont le même jour de fête que Maransart.

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